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Le pouvoir des histoires de vie

Juin 13, 2023 | Biographe

Au cas où vous n’auriez pas remarqué, j’adore les histoires !

Les histoires de vie recèlent pour moi des trésors : les méandres, les écueils, les conflits familiaux et puis tous les petits et grands bonheurs d’une existence sont une richesse à de multiples niveaux. Et puis j’aime parler de mon métier de biographe, qui intéresse, intrigue et globalement fascine. L’aura de l’écrivain y est sans doute aussi pour quelque chose !

Alors naturellement toutes les occasions sont bonnes pour partager mon enthousiasme sur ces récits de vie si porteurs d’enseignements… Seulement voilà, la semaine dernière, Jean émet un bémol sur le pouvoir des histoires de vie : 

« Moi, le récit de vie de mon père, j’ai eu beau le lire et le relire, je n’ai pas trouvé les réponses à mes questions. »

À vrai dire, même si cela reste rare et à la marge, ce n’est pas la première fois que je récolte une déception sur un récit de vie, voire une critique plus acerbe sur son auteur.  Mais le père de Jean a écrit son autobiographie  sans faire appel à un.e professionnel.le.  Aussi je pense qu’il est intéressant d’aborder d’un point de vue plus général, la motivation de l’écriture autobiographique et son rapport au lecteur.

1. Les motivations derrière l’écriture d’une biographie

Il y a en effet différentes motivations à l’écriture d’une biographie, comme par exemple :

      • Laisser un témoignage d’un parcours de vie qui peut avoir valeur d’exemple (suite à une épreuve, une maladie surmontée) ;
      • Parler d’une autre époque, un temps qui n’existe plus, une autre culture pour dresser un pont entre l’ici et maintenant versus l’ailleurs avant ;
      • Raconter pour préserver et transmettre des souvenirs partagés, des événements qui font histoire commune (famille, entreprise, collectifs) à destination des générations futures ;
      • Régler ses comptes avec son passé.

Ce besoin de (se) dire est celui du narrateur, celui qui raconte à la première personne du singulier. Un « je » que (re)découvre le lecteur.

2. Le rapport du lecteur à la biographie :

Ce lecteur a nécessairement sa propre subjectivité… et un lien émotionnel, plus ou moins fort, ou plus ou moins proche avec l’auteur, tant au passé qu’au présent.

Dans quel espace-temps découvre-t-elle ou découvre-t-il ce récit ? Comment lui a-t-il été remis/offert/vendu/présenté par l’auteur ? Ou par un proche ou un professionnel dans le cas où, notamment lors d’une biographie hospitalière, il est donné quelques mois après le décès. Le lecteur avait-il connaissance de l’existence du livre ? Lui était-il précisément destiné ? Le lecteur a-t-il encore la possibilité d’échanger ou non avec l’auteur suite à la lecture ?

En tant que professionnelle de l’écriture, c’est aussi mon rôle d’alerter l’auteur.e que j’accompagne dans le récit de vie sur la manière dont le lecteur peut réceptionner ou non l’information qu’il ou elle communique. Il y a manière de dire, manière d’écrire… et sans dénaturer le propos du biographé, il m’importe que le lecteur se sente pris en compte. Cependant, si je suis la main qui écrit pour autrui, je ne peux pas être dans la peau de chaque lecteur. Je ne peux naturellement pas éviter la déception ou le sentiment de non-reconnaissance qui pourrait naître de ce que l’auteur a dit ou voulut dire.

En tant que biographe, il m’appartient « juste », à la lumière de ce que je sens ou connais de la vie de la personne que j’écoute raconter, de l’amener à porter une attention particulière à la réception par son lectorat.

3. Les défis et les risques

Les risques et défis de la biographie sont sensibles – et différents selon le type de récit, car il y a une attente très forte et propre à la biographie : l’exigence de vérité. « Je l’ai vécu, c’est donc vrai ». Sauf qu’un même événement vécu par deux personnes donnera lieu à deux versions différentes. Et ce qui a été jugé comme important par l’une ne le sera pas forcément par l’autre. Le biographe est, à mon sens, toujours du côté du biographé : il raconte SA version des faits, ceux qu’il ou elle a vécus, forcément de manière subjective, avec ses mots.

Un lecteur peut ainsi reprocher à l’auteur, l’oubli de certains détails ou d’une anecdote qui l’avait marqué lui, et qu’il aurait aimé voir présent dans le livre. Un autre évoquera l’absence d’explication sur une décision qui a bouleversé sa vie ou qui l’a marqué à jamais. Un troisième pointera la volonté de l’auteur de (ré)écrire l’histoire à sa manière. Les manques voulus ou supposés dans le récit provoquent en tout cas la discussion a posteriori. Mais faut-il trouver à redire de ne pas faire l’unanimité ?

4. La valeur de l’expression personnelle

Ce qui compte pour moi en tant que biographe, c’est la valeur de l’expression personnelle, car malgré les risques et les défis, chaque histoire de vie a une valeur intrinsèque.

Chaque histoire résonne ainsi à l’aune des mots, du parler de son auteur. Il n’est certes pas simple de prendre du recul lorsqu’on est un lecteur intimement concerné par la vie de l’auteur de la biographie. Cependant, comme je l’ai fait pour Jean, j’encourage tout lecteur à lire le livre comme un reflet « impressionniste » de son auteur. Au-delà des attentes que le lecteur peut manifester et qui ne seront jamais comblées – les blessures ou manquements du passé ne cicatrisent pas avec des pages d’écriture -, l’auteur apparait en filigrane et c’est une forme d’explication singulière et en soi. L’histoire se lit aussi entre les lignes et relie, assurément (un autre de ses pouvoirs) !

Ainsi faire appel à mes services de biographe – se faire accompagner dans l’écriture de son autobiographie – permet de limiter le risque de passer à côté d’éléments essentiels. J’apporte certes mes compétences techniques en matière d’écriture, mais aussi et surtout, une écoute particulière liée à ma passion pour les histoires de vie.  

 

 

Photo de Blaz photo Unsplash.

 

 

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